Comportement des randonneurs en refuge

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Ginette Lupin

Comportement des randonneurs en refuge

Message par Ginette Lupin » 31 août 2009, 16:04

Je randonne pas mal et je constate que certains randonneurs apportent leur vin dans les refuges. Est ce donc un nouveau concept?
Pourquoi monter du vin et le boire sous le nez du gardien qui en vend?
Cela ne devrait pas se pratiquer.
c'est comme prendre sa boisson dans un supermarché et aller la boire sur une terrasse de café en ville ! les randonneurs pensent ils que les gardiens ne sont la que pour donner de l'eau, un pansement, ou ce qui peut nous manquer en randonnée?
Trouvez vous cela normal?

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Dominique
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Message par Dominique » 31 août 2009, 16:52

Bonjour,

C’est une excellente question. Un vrai refuge sert à faciliter et sécuriser les randonnées. Pas à faire du chiffre (il ne serait d’ailleurs pas rentable). C’est pourquoi il sait s’adapter à ce dont on a réellement besoin : la nuit (ou le droit de bivouaquer à côte) et/ou le repas... On peut tout à fait apporter son repas (ou une partie) .
Par contre, il faut se conformer à quelques règles simples suivant les refuges:
- le gardien peut demander que le repas apporté soit consommé dans une salle hors sac (et ne pas utiliser celles du service).
- En cas de bivouac, il est demandé d’utiliser les toilettes du refuge (et donc une participation)
Le fait d’amener son vin est un peu plus délicat : je vois mal ou est la logique de randonneur. Quoi que ça m’est déjà arrivé de gouter une spécialité amenée par un copain (on a même le droit d’en offrir au gardien).
L’équilibre réside dans le respect mutuel avec le gardien. Si on amène son vin pour faire baisser la facture ou si le gardien essaye de faire du chiffre, on sort de l’esprit montagne.
Bien entendu, ce gentil topo ne s’applique pas à un établissement cherchant la rentabilité (ça existe, même si ce n’est pas la majorité)
Il ne s’adresse pas non plus à ceux qui montent dans les refuges uniquement pour festoyer (C.F. une discussion de ce jour dans un autre forum).

nathalie

Message par nathalie » 12 sept. 2010, 18:27

Selon toi, les gardiens ne sont pas au travail pour faire du chiffre !!!
(que dirais tu si ton patron ne te versait pas de salaire????)
Penses tu que les gardiens vivent d'amour et d'eau fraiche?
La passion de la montagne n'a jamais nourri personne ni payer les factures ! Tous les gardiens de refuge ne sont pas salariés, certains sont commercants et avec des clients comme vous , sont obligés de cumuler plusieurs emplois pour s'en sortir financierement

Continuez ce genre de raisonnement et bientot, il n'y aura plus de gardiens
nous sommes contents de les trouver pour nous faire partager leur passion, nous héberger, nous restaurer, nous dépanner,. la moindre des choses est de consommer !
----------------
C’est une excellente question. Un vrai refuge sert à faciliter et sécuriser les randonnées. Pas à faire du chiffre (il ne serait d’ailleurs pas rentable). C’est pourquoi il sait s’adapter à ce dont on a réellement besoin : la nuit (ou le droit de bivouaquer à côte) et/ou le repas... On peut tout à fait apporter son repas (ou une partie) .
Par contre, il faut se conformer à quelques règles simples suivant les refuges:
- le gardien peut demander que le repas apporté soit consommé dans une salle hors sac (et ne pas utiliser celles du service).
- En cas de bivouac, il est demandé d’utiliser les toilettes du refuge (et donc une participation)
Le fait d’amener son vin est un peu plus délicat : je vois mal ou est la logique de randonneur. Quoi que ça m’est déjà arrivé de gouter une spécialité amenée par un copain (on a même le droit d’en offrir au gardien).
L’équilibre réside dans le respect mutuel avec le gardien. Si on amène son vin pour faire baisser la facture ou si le gardien essaye de faire du chiffre, on sort de l’esprit montagne.
Bien entendu, ce gentil topo ne s’applique pas à un établissement cherchant la rentabilité (ça existe, même si ce n’est pas la majorité)
Il ne s’adresse pas non plus à ceux qui montent dans les refuges uniquement pour festoyer (C.F. une discussion de ce jour dans un autre forum).[/quote]

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Willy
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Message par Willy » 12 sept. 2010, 18:49

nathalie a écrit :Selon toi, les gardiens ne sont pas au travail pour faire du chiffre !!!
En fait, je pense que Dominique voulait dire que les gardiens n'ont sans doute pas pour ambition de faire fortune en faisant fonctionner les refuges.

Aussi, je trouve aussi un peu indélicat de venir avec son vin et de profiter d'une salle pour y faire son casse-croûte. Il me semble que dans le plus souvent l'utilisation de la salle "hors sac" est conditionnée par l'achat des consommations sur place.

Pour répondre à Ginette. Il existe des refuges où l'on paye un forfait pour le passage, ce qui donne le droit de passer une nuit, d'utiliser les sanitaires et d'accéder librement à la cuisine. Chacun est tenu d'apporter ses provisions, sans restriction sur les boissons, même si le refuge en vend également. Voilà peut-être qui donne un éclairage nouveau sur la présence de randonneurs consommant leurs propres boissons...

Invité

Message par Invité » 13 sept. 2010, 07:51

"...'utilisation de la salle "hors sac" est conditionnée par l'achat des consommations sur place...."
Conditionnée...? Par qui ? Pourquoi ? Où a-t-on jamais vu ou lu pareille injonction ?
Qui ici pose des "conditions" ? Mes chers petits amis, il faut vous rappeler que le mot "refuge" renferme un certain nombre de concepts, de raisons, qui sont en passe d'être...passés au compte des profits et pertes, justement. A l'origine, un gardien était là pour garder, et assurer éventuellement la fourniture d'un repas basique ; la fonction a été assurée à l'origine par les bergers qui offraient une place sur de la paille et un bol de lait aux alpinistes de passage (j'ai rencontré ce genre de situation dans les Alpes orientales, et ça existe encore !), à charge pour ces derniers de les dédommager de quelque façon, ce qui était souvent refusé d'ailleurs. Depuis la création des refuges par divers clubs, il a toujours été entendu que la consommation de quoi que ce soit n'était qu'une possibilité. Vous faites décidément une place de plus en plus exorbitante aux rapports d'argent : que celui qui n'en dispose pas aille coucher dehors et se faire f...., voilà la belle morale de ces temps, elle s'insinue dans vos cervelles et tend à devenir la pensée unique. Tout finit par assumer la même logique mercantile : hôpital, école, prison (eh oui, il y en a de privées désormais), armée. Je vous rappelle que les statuts des Clubs spécifient (ou spécifiaient...) que la norme d'accès aux refuges consiste à venir y chercher un abri moyennant une somme modique, un point c'est tout.

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Willy
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Message par Willy » 13 sept. 2010, 15:55

Anonymous a écrit :"...'utilisation de la salle "hors sac" est conditionnée par l'achat des consommations sur place...."
Conditionnée...? Par qui ? Pourquoi ? Où a-t-on jamais vu ou lu pareille injonction ?
Je ne faisais que rapporter mes observations (dans les Vosges), sans prétendre que ce soit la norme de tous les refuges. Ensuite, il me semble qu'un refuge gardé n'est pas une place publique et que le gestionnaire est souverain de ses lieux. Il peut donc fixer les règles et les usages à sa guise. Aux gens de passage de les accepter ou pas...

Ceci dit, c'est vrai que le mercantilisme a réussi à polluer même certains endroits des plus reculés. La notion de service et d'hospitalité s'est rapproché de la notion de prestation. Maintenant, certains endroits imposent peut-être explicitement certaines règles pour compenser le manque de savoir vivre de personnes que je qualifie personnellement de touristes qui utilisent les refuges comme des abris bus...

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Dominique
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Message par Dominique » 13 sept. 2010, 18:57

Willy a écrit :... le gestionnaire est souverain de ses lieux. Il peut donc fixer les règles et les usages à sa guise. Aux gens de passage de les accepter ou pas...
Tout à fait.
Il faut bien distinguer un refuge d'association d'escaladeurs (CAF, ...), un refuge privé (habitant du coin vous accueillant pour se faire un complément de revenu), une cabane de berger (laissée ouverte par tradition montagnarde), une cabane de parc (sans eau ni gardiennage de quelque sorte), une cabane de l'ONF (priorité aux ouvriers), de chasseurs, de spéléos ...
ça ne me choque pas du tout qu'un refuge privé n'autorise pas à amener son vin. Par contre, quand il y a marqué "salle hors sac", c'est fait pour (il faut même tout amener!)
Refuges.info est justement là pour apporter ces précisions et savoir à quoi s'en tenir avant de monter.
Evidemment, quand on est là haut, il faut respecter les règles... essayez donc de bivouaquer dans le Parc du Grand Paradis ou de passer la nuit dans une cabane suisse ou ce n'est pas autorisé... !
Willy a écrit :Je ne faisais que rapporter mes observations (dans les Vosges), sans prétendre que ce soit la norme de tous les refuges...
Il est certain que dans les Vosges (que j'ai plusieurs fois pratiqué) la nature du terrain et la densité de l'habitat rendent inutile la notion de "refuge". Les points d'accueil ont donc d'autre objectifs
Modifié en dernier par Dominique le 13 sept. 2010, 19:12, modifié 1 fois.

Invité

Message par Invité » 13 sept. 2010, 19:00

Willy a écrit : Ensuite, il me semble qu'un refuge gardé n'est pas une place publique et que le gestionnaire est souverain de ses lieux. Il peut donc fixer les règles et les usages à sa guise. Aux gens de passage de les accepter ou pas...
Objection Votre Honneur ! Il peut faire ça dans un refuge privé, pas dans un refuge du CAF, ou de la STD (pour les autres - le PNV par exemple - je ne sais pas), où les règles (admission/consommations) sont fixées par les clubs en question et ne prévoient aucune obligation de consommer quoi que ce soit pour les alpinistes ou randonneurs qui séjournent dans le refuge (càd qui y passent la nuit). Seul le prix des nuitées est dû. Si ces dispositions sont caduques, merci de me donner les références SVP. Le gardien n'est pas chez lui dans un tel refuge, mais bien chez...ceux qu'il accueille et paient leur cotisation, il n'est que gérant. Et de toute manière, on imagine difficilement qu'un gardien tire assez de ressources de sa présence pour en vivre 365 jours par an... il doit avoir d'autres cordes à son arc.
Et je ne parle pas du pb des sanitaires, du savon, des baignoires, douches, parfums et autres massages thaïlandais qui vont finir par envahir les "refuges"...je risque de me laisser aller à des digressions peu amènes sur mes contemporains.

Nicolas Masson
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Message par Nicolas Masson » 13 sept. 2010, 19:27

Anonymous a écrit :on imagine difficilement qu'un gardien tire assez de ressources de sa présence pour en vivre 365 jours par an... il doit avoir d'autres cordes à son arc.
On est en général discret sur ses revenus.

Mais je sais de première main qu'en 3 mois de gardiennage d'un refuge CAF petit mais avantageusement situé, une certaine gardienne que je connais bien dégageait un revenu équivalent à une année d'un salaire de fonctionnaire.

Je rappelle pour faire avancer le shmiliblick que dans les refuges de club, le gardien est un gérant qui est rémunéré uniquement par les bénéfices qu'il réalise sur les consommations (le bénéfice des nuitées va au club).

D'autres systèmes existent (le propriétaire d'un refuge privé peut louer à l'année le fond de commerce à un gardien/gérant, etc.)

Bref : le gardien a donc intérêt à ce que les usagers du refuge consomment. C'est son gagne pain.

Je connais un peu l'envers du décor, et il faut reconnaitre que c'est Nathalie qui a raison.

Dans un monde parfait ça pourrait fonctionner autrement. En attendant le grand soir, c'est comme ça.

Invité

Message par Invité » 13 sept. 2010, 20:36

Nicolas Masson a écrit : Bref : le gardien a donc intérêt à ce que les usagers du refuge consomment. C'est son gagne pain.
C'est sûr, mais entre "avoir intérêt" et "contraindre", il y a quand même une crevasse à franchir, non...?

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Willy
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Message par Willy » 14 sept. 2010, 08:59

Anonymous a écrit :
Willy a écrit : Ensuite, il me semble qu'un refuge gardé n'est pas une place publique et que le gestionnaire est souverain de ses lieux. Il peut donc fixer les règles et les usages à sa guise. Aux gens de passage de les accepter ou pas...
Objection Votre Honneur ! Il peut faire ça dans un refuge privé, pas dans un refuge du CAF, ou de la STD (pour les autres - le PNV par exemple - je ne sais pas), où les règles (admission/consommations) sont fixées par les clubs en question...
Je crois qu'on parle de la même chose en fait... Chaque club fixe les règles de fonctionnement de ses refuges. J'ai certes un peu fait l'amalgame entre le gestionnaire et le propriétaire.

Pour entrer dans les détails à propos de la notion de refuge privé, un refuge propriété d'un club (comme le CAF par exemple) n'est pas moins privé qu'un propriété d'un particulier, me semble t'il :wink: Par contre, comme il a été souligné, le fonctionnement peut être très différent.

sedulius
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Re: Comportement des randonneurs en refuge

Message par sedulius » 09 août 2017, 14:04

Un randonneur qui monte en refuge avec sa boisson alors que le refuge fait bistrot est soit pauvre soit maso
j'en connais qui poussent l’abnégation jusqu’à monter 1200 m avec des bouteilles pleines et qui après sont si épuises qu'il ne peuvent redescendre les bouteilles vides.

Nicolas II

Re: Comportement des randonneurs en refuge

Message par Nicolas II » 02 nov. 2017, 16:36

J'avais demandé à un gardien d'un refuge du CAF comment ça marchait et si je me souviens bien :
- Il loue le refuge à peu prêt 3 000€ au CAF (il loue sa chambre et la cuisine).
- Il touche 1€ par nuit au refuge (fréquentation ~2 200 personnes sur la saison).
- Il ne reverse rien pour la bouffe.

Il ne pouvait pas forcer les gens à manger sur place. Il me semblait que des gens mangeaient dans la salle commune leur propre repas monté dans le sac.

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